lundi 28 juillet 2008
Extrait d'un article sur les Arts actuels
Lieu insolite et favorable à l’épicurisme, l’Indigo Studios accueillait fin avril sans doute l’une de ses dernières expositions. Au cœur de la capitale, dans cet espace d’exhibitions artistiques imprenable, se tient le vernissage du Printemps des Arts Actuels. Deuxième édition déjà pour ce salon regroupant une trentaine d’artistes contemporains, choisis à travers un large spectre de disciplines.
photographie, peinture, sculpture ; langage du corps, de la nature et de l’esprit. Bouillonnement d’idées fraîches et réflexives. Dans les dédales de l’Indigo Studios on hume ce soir de vernissage la réactivité du monde ; comme un avant goût… d’avant-gardisme. « Les artistes sélectionnés ont un langage de qualité, intelligent et sérieux à notre époque ». C’est le critère ultime pour pouvoir exposer lors de ce désormais rendez-vous bruxellois annuel des amis de l’art contemporain. Pour Philippe Lichtfus, créateur de l’asbl «Lichtfus Art Event », hôte de l’exposition, le Printemps des Arts actuels est ainsi une manière élégante de réunir un « cocktail harmonisé d’artistes ». En effet. La soirée brasse entre 900 et 1 000 visiteurs, selon son organisateur.
Fourmillement d’idées
Collectionneurs ou amateurs, journalistes, sont venus en nombre. Nous avons vibré avec Olivier Marcovich, haute couture de la peinture contemporaine... Fantasmé avec les photographies puristes et conceptuelles de Catherine Scaillet Van der Stappen, mais aussi devant les oeuvres de Tamar Kasparian, artiste peintre innovante qui crée à partir d’huile, feutres, sur photos, toiles ou à l’aide de cheveux. Original et décalé tout en conservant un romantisme grave et universel à toute épreuve. Coup de foudre pour « Red Flowers » (photo), de Jean-François Debongnie. L’artiste peintre autodidacte partage sa vie entre la Belgique et Singapour, puise son inspiration dans la fragilité du mouvement et la profondeur de l’encre chinoise.
L’art esclave ?
, peint son enfermement dans les limites du « pouvoir voir », du montrable « de l’indécence de l’âme. Alchimiste des techniques et supports mixtes, elle avoue une obsession : « la couleur, expression profonde, cri ou mémoire captive ». Et de conclure mon petit tour dans l’Indigo Studios : « La vie n’est certainement pas un long fleuve tranquille »...
© Sandra Dondenne
"Red Flowers", Jean-François Debongnie
Printemps des Arts Actuels 24-27 avril 2008
samedi 12 avril 2008
INTERVIEW Isaline Vranken
Ysaline Vranken
interview l'artiste: Olivier Marcovich
J’ai choisi d’interviewer, comme artiste, Olivier Marcovich car, j’en ai souvent entendu parler dans ma famille par ma marraine qui le connaissait plus ou moins personnellement. J’avais donc déjà fait quelques recherches à son sujet auparavant et son œuvre, en général, m’avait déjà quelque peu interpellée…
C’est donc avec un immense plaisir que je vous transmets le compte-rendu de cette interview, que je suis vraiment contente d’avoir réalisé car la personne et l’artiste que j’ai rencontré sont d’une gentillesse et d’une originalité sans pareille !
Passons maintenant à l’interview :
-Quel est votre parcours professionnel ?
Artiste-Plasticien (Styliste décorateur).
Baccalauréat A3 (Philosophie et Arts plastiques). France.
Ecole privée de stylisme-modélisme à Toulouse (Bac+2) . France.
Académie Royale d’Anvers. (Section Mode). Belgique.
Création d’un atelier indépendant de stylisme. Anvers
Rencontre d’un groupe d’artistes en décoration. Bruxelles.
-Qu'est-ce que l'Art, pour vous, artiste contemporain?
Je ne sais pas ce qu’est l’Art. Avec un grand A. Il me semble qu’il y en a plusieurs, un peu comme la vérité, il n’y a pas une vérité, mais une infinie raison de se tourner vers plusieurs vérités, pour comprendre, d’abord soi puis les autres, l’Art né de l’individu, de son histoire consciente ou inconsciente, c’est aussi une fenêtre, un regard ou encore un miroir, il touche, il questionne, c’est selon, l’individu devant faire face à ce qu’il regarde…
Honnêtement je n’en sais strictement rien. Pour être et si je devais être objectif le « petit Robert » ou le « Larousse peuvent sans doute y répondre mieux que moi, je ne peux vous répondre que par l’intérieur de ce que je vis, comme vous le précisez « pour vous » donc avec subjectivité et sans pouvoir prendre aucun recul parce que cela me semble impossible de le faire n’étant pas un théoricien de l’art, je vous répondrais en partant de mon expérience: Une recherche personnelle et animale, impossible à comprendre mais impossible aussi de faire autrement même si nous avons toujours le choix ! Je cours après un rêve d’enfant puisque je veux être artiste depuis tout petit et c’est par conséquent la quête de l’enfance perdue. Je recherche le dépassement de soi, de mes frustrations, de mes non-dits, de mes larmes, c’est une forme d’égocentrisme tourné vers les autres, c’est un moyen d’exister et de s’offrir, de se vendre parfois, c’est un espace- temps très particulier où l’art n’a que peu de place dans un premier temps, il le devient sans doute pour les autres, ceux qui définissent votre action, votre rôle et votre réalité créatrice, celle (je parle de la réalité de l’être artiste) qui ne vous appartient plus lorsque vous êtes artiste…
Je ne sais pas ce que c’est qu’un artiste contemporain.
Contemporain je crois que c’est créer, marquer son époque, celui dans lequel nous sommes au moment où nous créons…
-Vous dites que votre démarche est ludique,
Je m’amuse, j’y prends du plaisir la plus part du temps je ris beaucoup lorsque je crée, je m’étonne de pouvoir faire telle ou telle chose, c’est à la fois magique et précieux je ne sais pas créer dans la douleur !
simple,
Je tends plus précisément vers la simplicité, c’est un idéal mais j’en suis encore très loin je suis finalement et paradoxalement très baroque… Par contre je suis assez fainéant et comme je culpabilise de l’être, je travaille beaucoup et j’essaie d’utiliser des moyens de réalisations assez simples. Cela doit être rapide, très vite… Je suis impatient.
légère
Mon état doit être léger, je dois ressentir de la volupté et surtout ne pas du tout me prendre au sérieux d’ailleurs je veux aussi faire sourire et rire si possible par mon travail !
et que vos techniques varient à l'infini...
N'avez-vous aucune "ligne de conduite"?
J’ai une ligne de conduite bien au contraire, je poursuis un ensemble de buts à atteindre une manière de me dépasser, de me surprendre (je n’ai pas fini de faire mon oedipe !!!), je parle dans votre question des techniques pas de la ligne de conduite, c’est à dire que j’aime changer de supports, de matière, d’aspect et d’angle de travail, je suis au départ un touche à tout, j’aime abandonner des manières de faire, en découvrir d’autres quitte à ce que l’on me reproche l’infini de mes recherches, je n’aime pas trouver et rester dans un acquis une fois arrivé, lorsque j’arrive à la fin d’un travail je me mets à nouveau en recherche ou sur une autre recherche, c’est sans fin et cela ne s’arrête jamais, je n’aime que les gens qui cherchent et se recherchent : trouver, c’est me figer pour moi, mourir par conséquent et je n’aime pas m’ennuyer dans la vie, elle n’est que mouvement, « ce qui est n’est plus et ne sera pas encore » trouver et répéter une technique, un sujet, un genre, une matière ne m’intéresse pas, je suis dans un mouvement perpétuel que j’ai décidé de ne pas arrêter ou bloquer voilà plusieurs années, c’est comme si sur un plateau de cinéma j’avais décidé de créer une scène mais de la filmer avec plusieurs angles de vue, du coup vous n’obtenez pas une seule scène de la même scène mais plusieurs scènes à la fois.
Si j’ai une ligne de conduite ; une démarche « type » ?
Oui celle de travailler avec sérieux, d’aller jusqu’au bout de celle-ci, dans accepter les obstacles et les difficultés donc de souffrir aussi pour elle, dans assumer les conséquences bref d’être responsable de cette ligne de conduite et de rester fidèle à soi-même, de me remettre en question lorsque je travail et d’essayer de comprendre si ce que je veux raconter intéressera les autres et pas seulement moi.
Avez-vous une technique de prédilection?
Non je n’ai pas une technique de prédilection, je n’aime pas l’huile c’est tout, après toutes matières que je laisse travailler et qui accepte aussi de travailler avec moi m’intéresse donc pas de technique de prédilection.
-Une grande partie de votre oeuvre est basée sur des déformations.
Pourrait-on dire que c'est ça votre technique, votre démarche?
C’est un langage, comme je passe par le ressenti et pas dans un premier temps par le mental, mais plutôt par les émotions, la sensibilité-radar, intuitive et parfois clairvoyante, je déforme. C’est évident que ce que je ressens ne se voit pas alors je le fixe par la matière, vous y voyez des déformations là où moi je vois !
Parce que traduire la réalité ne m’intéresse pas, je ne travaille pas ce que je vois, je travaille ce que je ressens lorsque je vois, ce n’est pas le portrait ou le sujet ou le fruit qui m’intéresse de traduire mais bien ce qu’il dégage, ce que j’en capte, d’où la déformation, le trouble que cela suscite chez moi, l’émotion qui en découle et c’est cela que je garde en mémoire, je ne fais d’ailleurs qu’un travail basé sur le souvenir et non sur l’observation, mais j’essaie si possible de lui rendre par les techniques une modernité, un aspect vers l’avenir !
-Pourquoi travaillez-vous souvent avec des images de corps humain?
Pour la symbolique?
Parce que je ne vois rien de plus intéressant que l’humain, je ne travaille que ce que je connais, qui me dépasse et l’être humain me dépasse, rien de symbolique dans l’humain mais une matière qui est mienne, puisque je suis un humain…
La symbolique serait plutôt mise dans la manière dont je le travaille, je le déforme, je le laisse me posséder car l’humain devient symbole dans le quoi, l’où, le comment et le pourquoi je le place de cette manière là… Comment je le représente et pourquoi je le représente, l’humain est une matière vivante comme une autre, une matière de travail et j’ai choisi celle-là et tout ce qu’il en découle.
-Vous identifiez-vous à un artiste?
Non. Mais j’ai des influences, des nostalgies. J’ai eu une jeunesse, c’est à dire des idées, des coups de foudre, des engagements et des croyances qui m’ont marquées par la suite et à l’âge adulte je tente de retrouver ces découvertes de cœur de l’esprit et si possible de mon âme même si j’évolue c’est comme pour Barbie, je voulais au départ faire revivre mon enfance et sacrifier cette poupée et finalement je lui ai plutôt rendu un vibrant hommage comme quoi !
-Trouvez-vous de l’inspiration lors de vos voyages ou bien la Belgique vous suffit-elle ?
La Belgique me suffit et elle est parce que je ne suis pas belge un voyage en soi !
Les voyages me permettent de ne plus travailler, de sortir parfois un peu de mon antre, ils m’obligent à regarder de nouveau et à recharger la boite à souvenirs, bref même en voyage, je travaille.
Mais j’aime découvrir et je suis très curieux mais je voyage souvent à cause des autres parce qu’ils voyagent, je ne voyage pas seul jamais…
-Vous travaillez généralement avec des tons plutôt "flash"; pourquoi ce choix? Pour chasser le monotone et la banalité du quotidien?
Oui, oui, oui et oui, mais pas uniquement. J’aime la couleur, j’aime sa violence, j’aime son effet, même le noir est violent, tout est violent dans la vie, le cocooning c’est un peu la mort non, il faut que je sois stimulé, absorbé, réveillé, électrisé parfois, ce n’est pas toujours subtil, heureux, calme, rassurant, mais c’est comme cela, cela m’amuse encore une fois d’ailleurs NOIR D IVOIRE n’a pas que de la couleur, toutes mes toiles sont sur fond noir !
C’est aussi par une histoire familiale, je suis du sud de la France, avec des montagnes et de la mer pas très loin, des ancêtres contrastés, plusieurs religions dans ma tribu d’ailleurs ce n’est pas une famille c’est une tribu pour moi, bref la couleur est ma première action, premier regard, je définis mon travail par la couleur mais ce n’est pas nouveau dans l’histoire de l’Art…
-Pourquoi avoir choisi de travailler sur le thème "Barbie&Ken"?
Par fascination pour le culte, le mythe de cette petite mais célèbre poupée?
Ou pour une autre raison?
L’enfance, mes sœurs, l’influence esthétique de mon enfance, le pouvoir injuste de la beauté, cette poupée m’a fascinée et m’énerve, elle est le reflet des fantasmes des hommes sur les femmes encore enfant, elle est le carcan occidental de la femme, le corset dans la tête, « il faut être comme cela » dans un acte plus politique elle est finalement le voile islamique des petites blanches aux yeux bleues !!! Le rêve, l’idéal mais à quel prix…
-Dans votre oeuvre "Actualités Plastiques", on dirait que vous essayez de décortiquer vos personnages, de les mettre à nu...Quel message ou effet avez-vous voulu faire passer?
Je décortique la complexité humaine, la difficulté à échapper aux codes, aux guerres, aux fantasmes, à la violence des autres, aux peurs de l’être humain face à la vie, à la mort, à la maladie, sa fascination pour le pouvoir, l’individu est seul et condamné à vivre avec ces congénères !
Que se passe t-il lorsque la guerre vous prend un être cher, lorsqu’une nation fait le choix de tuer au nom de la liberté, pourquoi les femmes acceptent-elles encore d’être humiliées et assujetties, pourquoi tombe t-on malade, pourquoi la violence est-elle une cruelle nécessité etc. etc.… Essayez oui de comprendre et je ne suis pas plus avancé depuis et après ces 9 toiles…
-Vous avez la chance de vivre de votre art mais y a-t-il des sacrifices à faire pour en
arriver là ?
Ce n’est que source de sacrifices, un sacerdoce mais ma foi est grande et puis j’ai une tendance au masochisme et au mysticisme. Et puis, je suis comme tout les grands désespérés : j’en ris beaucoup !
-Y a-t-il eu des moments de réelles difficultés?
Oui et non ? C’est comme dans un couple : des moments de magie universelle et tendre par la force créatrice et puis des remises en question terribles et très déstabilisantes, des raz le bol absolu et puis ça repart… la vie quoi !
-Quelle est l'exposition que vous avez préféré faire? Pourquoi?
« Barbie et Ken » fut la première : magique, irréelle et facile presque spontanée, je n’avais pas conscience de ce que je faisais…
« Actualités plastiques » est un coup de gueule !
« Noir d’ivoire » est une prise de conscience que je suis un artiste et que je veux continuer de l’être, de me battre pour cela, une entrée dans la réalité du chemin à parcourir et une découverte des doutes, des dépassements et des enjeux, je mesure consciemment que j’ai des choses à dire et que cela à de l’impact sur les autres, que j’intéresse.
Dior est nostalgique et rassurant, très mode, c’était une commande aussi pour une galerie à Dubaï, un sujet tourné vers un passé révolu de l’élégance.
Ma préférée : heu… la prochaine !
-Vous avez conçu une oeuvre dans le cadre du Mécénat Chirurgie Cardiaque que vous avez ensuite mise aux enchères. Pourquoi pensez-vous que si peu d'artistes se servent de leur notoriété (et talent bien sûr) pour aider des associations?
Tout d’abord je n’ai pas encore la notoriété et je fus plus étonné que l’on me demande de m’exprimer sur une telle réalité. Je ne savais pas que peu d’artistes acceptent d’en faire. On me l’a demandé j’y ai répondu, c’est la première fois et comme pour le premier baiser en amour, ce fut comment dire : délicieux avec l’envie de recommencer ! Je n’ai pas réfléchi j’ai répondu oui c’est tout.
Portait Chinois :
Si vous étiez:
-Une couleur: Rouge
-Un moment de la journée: toute la journée tout entière jusqu’à la prochaine !
-Une saison: le printemps fin du mois de mars
-Un autre métier: Médium parce que je le suis !
-Un gros défaut: susceptible
-Une rencontre future: ma prochaine vie.
-Une personnalité du sexe opposé: L’opposé de moi avec de la personnalité
-Une révolte: moi-même
-Un musicien: Handel et Gainsbourg
-Une oeuvre: la vie
-Un livre de chevet: le dernier « Alabama Song » de Gilles Leroy
-Une gourmandise: l’amour
-Une devise: « Tout être humain a le droit de faire des erreurs, il en est coupable lorsqu’il reste sourd à celles-ci » Confucius
Voici comment se termine mon interview, qui pour moi était bien plus que cela : une Rencontre avec un grand « R » car, Olivier Marcovich est quelqu’un de très généreux. Il m’a beaucoup donné et fût, je trouve, très indulgent avec moi,
j’espère que vous aurez apprécié autant que moi la sincérité et la spontanéité de cet Artiste car, oui, pour moi c’est un Artiste avec un grand « A » comme il y en a peu !
Ysaline Vranken
lundi 30 mai 2005
ARTICLES DE PRESSE EXPO "BARBIE ET KEN" juin 2006 Bruxelles
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